III. Les complications
La maladie de Rendu-Osler est responsable de complications, essentiellement fistulisantes mais aussi infectieuses. Les fistules artério-veineuses pulmonaires constituent une des complications les plus fréquentes. Leur diagnostic est posé grâce essentiellement à l'imagerie : échocardiographie de contraste, scanner... Il est indispensable de les dépister, même en l'absence de signe clinique, car elles se compliquent elles-mêmes d'accidents très souvent trompeurs, parfois révélateurs et graves :
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accidents vasculaires ou abcès cérébraux. Leur traitement, autrefois chirurgical, repose aujourd'hui sur l'embolisation avec des ballonnets ou des coils (spires métalliques) et sur l'antibioprophylaxie.
Les fistules hépatiques, présentes chez 30 à 60 % des patients, sont souvent asymptomatiques. Il est pourtant capital de les dépister car elles contre-indiquent la biopsie qui pourrait être proposée devant une image trompeuse de nodule. Elles sont responsables d'une symptomatologie variable, de l'hépatomégalie sensible à l'hypertension portale ou à l'insuffisance cardiaque. Le traitement en est délicat : l'embolisation est, en effet, après avoir été quasiment abandonnée, aujourd'hui rediscutée, et le seul traitement pour les formes très sévères est la transplantation hépatique.
Les fistules cérébrales et médullaires sont beaucoup moins fréquentes. Elles signifient le risque de rupture hémorragique, de sombre pronostic. Pourtant, l'attitude face au dépistage est plus partagée. Le bénéfice pour le patient n'est, en effet, pas systématique. Selon leurs caractéristiques, elles relèvent de la chirurgie, de l'embolisation ou de l'abstention thérapeutique.
Les complications infectieuses sont essentiellement des abcès cérébraux à germes anaérobies multiples au décours de soins dentaires ou des infections extra-cérébrales (septicémies, arthrites, ostéomyélites à staphylocoque doré) après manipulations nasales pour épistaxis
Les enfants constituent un cas particulier. Certains enfants porteurs de la maladie de Rendu-Osler entrent en effet précocement dans la maladie, à la suite d'une complication inaugurale, pulmonaire ou neurologique. Ces situations imposent la question du dépistage précoce. Il n'y a pas aujourd'hui de consensus, entre une attitude radicale qui encourage, comme aux Etats-Unis, une imagerie très précoce et une attitude française, plus nuancée.
IV. Conclusion
Je souhaite conclure mon propos par l'importance de l'information. En effet, dépister pour prendre en charge avant la survenue des complications est essentiel. C'est dire l'importance d'une structure associative comme l'AMRO, partenaire et relais, que je veux tout particulièrement remercier aujourd'hui, ainsi que d'un réseau de professionnels comme celui constitué autour du centre de référence des Hospices civils de Lyon, sans oublier la Fondation Groupama pour la santé, qui joue un rôle très actif dans l'information et la sensibilisation.